Une petite maison, un très gros chantier

Une maison de taille moyenne, un très gros chantier. Deux ans, presque trois, d’allers-retours.

Le projet est né d’un doute : fallait-il agrandir et retirer le garage? On a déconstruit par essais, mesuré ce qu’on gagnait, ce qu’on perdait. La réponse, au bout du compte, fut de ne rien agrandir. Travailler la maison telle qu’elle était, plutôt que de la vouloir plus grande.

Trois regards sur les mêmes lieux — une ingénieure, une docteure en psychologie, un designer. Des mois d’échanges. De cette rencontre est venue une exigence commune : un lieu intime et mature.

Chaque fonction a reçu son fini. Le bois franc du salon, la mosaïque noire de la cuisine, et l’acier brut comme trait d’union — la marche qui fait le pont entre les deux niveaux. Trois matières, trois usages, une même logique de sobriété.

Le garage existant a été ouvert pour gagner de l’espace et faire entrer la lumière. À l’extérieur, des cèdres ; à l’intérieur, des rideaux noirs referment les lieux quand il le faut. La cuisine se transforme en bar les soirs de fête.

Du bois, du métal — parfois brut, parfois presque noir. Un tapis lourd court sur l’étage et remonte le mur de l’escalier pour en faire un seul objet noir. De l’acier, réel et très lourd, sépare l’escalier du salon. Des portes fabriquées à un endroit, leurs poignées à un autre. Du gypse travaillé pour corriger les défis structurels et, là où l’on ne pouvait les corriger, les faire disparaître.

L’éclairage, dessiné à l’atelier et réalisé avec Charbo : indirect, direct, en spots, dim-to-warm — ce qui change tout. Des tables basses en quartz blanc veiné de noir. Un bar en verre noir, collé avec une précision remarquable par l’artisan Quinlan Osborne, de Claste Collection. Une œuvre d’art familiale pour habiter les lieux.

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